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Haro sur la reine des frelons asiatiques

Manifestation hier à la préfecture de Gironde des anti-frelons asiatiques.

Hier, les anti-frelons ont été reçus à la préfecture. Photo thierry david

Une rumeur courait comme quoi, les abeilles déposées au mois de novembre dernier sur le toit du Conseil régional de Bordeaux avaient toutes été gobées par le frelon asiatique. La réalité est moins définitive. En fait, les cinq ruches ont été plantées là symboliquement, pour défendre les apiculteurs de la région qui pour l'instant n'ont pas encore ajouté les abeilles qui vont avec. Jean-Paul Cros, président et fondateur de l'Association action anti-frelon asiatique aurait sans doute préféré la rumeur à la réalité. « Au moins, ça choquerait l'opinion publique, martèle-t-il. On va à la catastrophe écologique et j'ai l'impression que personne ne le mesure. »

L'association compte à ce jour 480 adhérents, seulement en Gironde. Hier matin, à l'issue d'une manifestation en tenue de frelon oblige, Jean-Paul Cros a remis au cabinet du préfet, une pétition signée par 5 000 personnes en faveur de la lutte anti-frelon asiatique. En clair, la campagne anti-frelon vient juste de démarrer. Pourquoi ? Parce que lorsque le temps s'adoucit autour de 12 degrés, la reine des frelons en profite pour sortir des nids. « Et c'est là, à cette période de l'année qu'il faut agir, capter les reines fondatrices, les piéger », ajoute Jean-Paul Cros.

Le frelon nous attaque

L'histoire remonte en 2006. Il semblerait qu'un container chargé de poterie venant d'Asie ait débarqué en Lot-et-Garonne, il contenait des frelons asiatiques. Depuis, la bête prolifère, se nourrit de pollen et de nos abeilles, déjà mises à mal par nos pesticides. Jean-Paul Cros et ses adhérents approuvent cette version.

Technicien dans une entreprise au Haillan, Jean-Paul Cros a trouvé un nid de frelons asiatiques dans son jardin à l'été 2008. « Je me suis questionné, renseigné, j'ai mesuré la gravité de la situation et six mois après, notre association voyait le jour. Les pouvoirs publics ne semblent pas très concernés. Or la situation va se révéler une catastrophe. Nos insectes n'étaient pas préparés à ces attaques. Le bol alimentaire d'un frelon est constitué à 80 % d'abeilles. »

Ginou, membre de l'association ajoute avec un air dégoûté. « Il leur coupe la tête, puis les dévore. On a vu ça dans un documentaire. Moi, j'ai adhéré pour sensibiliser l'opinion, parce que j'ai découvert deux nids chez moi. Dans un buisson et au pied d'une fenêtre. Les frelons nous attaquent, lorsque nous passons à côté du nid, ils sont très dangereux. Et si on appelle les pompiers pour détruire le nid, ils ne viennent plus, nous devons nous débrouiller. »

Détruire les nids

C'est cela que l'association entend faire bouger. La pétition demande qu'une campagne soit menée par l'Etat, pour détruire les nids. Car selon les experts de l'Inra ou du Muséum d'histoire naturelle de Paris, le piégeage de la reine fondatrice ne suffira pas à éradiquer le nid. « Il faut détruire tout le nid. » L'association estime la population des frelons sur la CUB à 15 millions de frelons, 5 000 reines pour 3 000 nids. Elle s'occupe avec ses propres deniers de l'éradication des nids, à la demande des particuliers .

Site de l'Association action anti-frelon asiatique (AAAFA33) :  http://anti-frelon-d-asie-jp33.over-blog.com

SUD OUEST, 24 février 2011, 

Auteur :  Isabelle Castéra

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